Des suicides et des violences.

Depuis le début de l’année 2019, 33 suicides de Policiers sont enregistrés.

Si ce taux actuel reste le même, cela pourrait faire 68 à 70 suicides pour l’année pleine, soit un nombre jamais atteint pour la Police. On pourrait préparer un article sur le sujet à paraître en décembre.

Le terrorisme et les gilets jaunes  peuvent expliquer ce doublement. Mais selon certains magistrats, ce sont aussi les menaces et insultes subies par eux en audience, mais surtout envers les policiers de manière quotidienne, qui sont parfois banalisées et portent atteinte à l’autorité judiciaire.

Le cas de l’agression violente d’une présidente de cour d’Assises  des Yvelines chez elle par deux faux livreurs,  démontre ce risque jusque chez soi, ce qui change gravement la vie familiale. Le domicile n’est plus un havre de Paix. Au point que beaucoup de policiers choisissent de demeurer très loin de leur service, malgré fatigues et frais supplémentaires, pour protéger leurs enfants et épouse. Cela a été démontré aussi avec l’assassinat terroriste devant leurs enfants, d’un couple de policiers rentrant chez eux…

Mais aussi et surtout parce que l’ambiance n’est plus aussi bonne au travail, la solidarité moins vive que du temps des Anciens.

Le DGPN Morvan  a répercuté ce souci et on  peut en sourire, mais il a malheureusement raison ! Il faut recréer car cela manque, des pauses conviviales. Nous les anciens  savions le faire sans regarder nos montres.

On ne peut pas passer son temps libre  à lire ses textos, et s’étonner d’être seul en cas de burn out ; là, nos jeunes collègues ont un peu ce qu’ils méritent…

Enfin, la chaîne de commandement semble moins présente auprès de la base. C’est le ressenti exprimé par les actifs. Chose explicable par des exigences professionnelles  nouvelles où est oublié le besoin de communication et d’humanité .On entend dire : » Nous ne sommes que des matricules… ». Ce ressenti est fort et dommageable.

 La réduction du nombre des officiers, qui se veut compensée par de nombreux brigadiers et majors, est prise pour un abandon. Un officier est plus à l’aise qu’un major pour relayer des difficultés aux directeurs. Ce sont les majors qui le disent.

Et on demande aussi une forte autorité que déjà, un officier peut avoir du mal à obtenir lui-même.

Bref, une police revue pour économiser des fonctionnaires  et à plus forte raison gradés, se paye cher maintenant, tout comme la baisse des effectifs qui a saigné la Police à blanc.

En juin, certains services organisaient un barbecue où les parquetiers étaient invités : c’était une bonne idée, rapprochant OPJ et policiers aux magistrats chargés des poursuites. Bien se connaître, rire ensemble sur des blagues,  facilitent les rapports de travail. Le compte rendu au parquet devenait ;  » Vous voulez que je fasse quoi de votre gardé-à-vue ? « .

Ainsi, on laissait une chance au brave type, mais on demandait des poursuites aux perturbateurs professionnels des quartiers… Le substitut nous suivait et cela se savait dans la population.

Police et Justice étaient craintes. Qu’en est-il actuellement ? Sans commentaires…

 

                                Dominique BAGUET

 

 

 

 

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