Les actes périlleux

DE LA RESPONSABILITE DE SES ACTES PERILLEUX

Depuis des décennies, nous sommes offusqués par la mort de secouristes en montagne partis sauver des vacanciers imprudents, partis peu habillés ou en tongs en haute montagne ou skiant en zone interdite signalée …A priori, la participation financière aux secours serait alors engagée; on demande à voir la réalité…

Après les deux marsouins tués au Burkina Fasso pour libérer, par un assaut armé rapide,  des otages partis  en zone dangereuse et prisonniers de terroristes, (ou du moins zone signalée en « orange » devenue entre-temps après leur arrivée sur place en « rouge « ), le questionnement sur le fait de secourir des personnes prenant des risques personnels  inconsidérés se pose, mais avec une gêne évidente.

Evidemment, des militaires de métier obéissent, et il n’est pas question de trop laisser parler que ces deux morts auraient pu être évitées. Pourtant…

Il en va de même pour les trois sauveteurs bénévoles des Sables d’Olonnes morts noyés en tentant de porter secours à un bateau de pêcheur parti malgré l’annonce d’une météo défavorable : ce pêcheur était accompagné d’ami d’enfance de l’un  des sauveteurs bénévoles de la SNSM. Le maire de la commune, M.MOREAU, n’a pas caché son étonnement de la prise de risque…

Peut-être cette amitié a-t-elle comptée dans le départ du sauvetage malgré la forte tempête ? Pourquoi partir à 7, alors qu’à priori l’embarcation de sauvetage est prévue pour 4 sauveteurs ?

Malheureusement, les trombes d’eau vont réussir à la troisième arrivée, à briser les vitres des hublots du bateau de sauvetage, fait peu surprenant selon les habitués de la mer,  et attestant de la violence des vagues déchaînées. Le navire de la SNSM se serait retourné à deux reprises ensuite.

Nous savons, grâce aux survivants, ce qu’il s’est passé exactement. Le public est surpris d’apprendre que ces sauveteurs qui risquent leur vie, sont des bénévoles ne percevant aucune indemnité. Notre société actuelle est loin de tels comportements, quand on pense aux banquiers boursicoteurs qui gagnent de l’argent par des placements de quelques secondes, placements totalement fictifs, irréels économiquement parlant (on parle de bulle financière). Là, on  parle d’hommes volontaires pour sauver les autres, au risque de leur vie, par pure « bonne volonté » (- ce qui vient  bene = bien et vole = qui veut, volontaire), sans recherche de salaire ni avantage que la satisfaction personnelle du Devoir accompli.

Dans notre société actuelle d’économie de marché ultra libérale, ce sont des fous face à des profiteurs gagnant des fortunes sans rien faire qu’attendre !

Pour nous, policiers, nous comprenons cette démarche, car le policier risque  aussi sa peau, comme les militaires, pour 1500 à 2000 euros par mois. (Les ADS pour 1 200 euros). C’est peu cher payé…

On pourrait supposer que l’état via le gouvernement, propose de réagir en créant une protection sociale exceptionnelle pour les sauveteurs morts ou blessés gravement en leur mission bénévole, comme on le conçoit pour les militaires et les policiers. Le bénévolat empêche-t-il cela ? Nous ne le pensons pas.

Accorder la Légion d’Honneur est la moindre des compensations que la France leur doit.

Proposer la protection des enfants de ces bénévoles en les faisant bénéficier du système des pupilles de la Nation, serait une décision honnête et juste envers des orphelins pour des actes de courage et dévouement remarquables de leur père, comme le sont les morts pour la France.

Laissons l’enquête avancer avant de pouvoir juger des conditions de ce sauvetage où des questions semblent devoir se poser finalement pour que l’avenir évite de telle tragédie…

Pour le moment, recueillement et union de pensée devant les cercueils, et attente de la découverte du corps du marin pêcheur non encore retrouvé.

 

                                                Dominique BAGUET

 

Le corps du marin pêcheur n’est toujours pas retrouvé.

 

 

 

 

 

 

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