Manifestation Intersyndicale au sujet des suicides

  Ce vendredi 19 avril, l’Intersyndicale de la Police demandait de nous retrouver, actifs et anciens, à 11H30, devant les Hôtels de Police ou autres Commissariats Centraux.

Nous vous présentons les photos concernant le 54 parues le lendemain dans l’Est Républicain.

Une minute de silence a honoré les 28 collègues disparus par un acte volontaire depuis le 1er janvier. Un suicide tous les 3 jours ! La Police n’a encore jamais connu cela.

Le comble de la sottise, les gilets jaunes, ou une partie d’entre eux, invitent les policiers à se suicider… Et ajoutent : « Un policier suicidé est à moitié pardonné ». Jamais la bêtise n’a atteint un tel sommet.

PLUSIEURS CONSTATS :

1) La politique du chiffre, les courbes statistiques remplaçant le sens du service du public de proximité, est la 1ère aberration du système actuel. Mieux vaut arrêter 4 vendeurs minables d’herbe par grammes alors qu’un dealer sérieux vend de la blanche par kilo. 4 buchettes au lieu d’une, il n’y a pas photo pour permettre les promotions de cadres et des primes au mérite. Ces sacrées de primes qui cassent aussi l’ambiance. On a mis la Police dans un système ultra libéral. Bravo les résultats.

2) C’est ainsi, oublier l’intérêt principal, à savoir la proximité avec la population, son écoute et tenter de répondre à la demande. Pendant ce temps, le gros dealer continue, mais un sentiment faux du travail accompli revient en boomerang sur les collègues, conscients de faire un travail inintelligent et très peu efficace, voire sans fin. On ajoute une sauce de laxisme judiciaire, et tous les ingrédients sont là pour écœurer les actifs de leur métier.

3) La paupérisation de la Police, en moyens et en personnels. Le nombre des effectifs de l’époque du président Sarkozy n’est toujours pas retrouvé. Estimation pour y arriver, début 2021…

Alors, il ne faut pas parler de Police renforcée. Cela n’empêche pas d’entendre encore les politiques vouloir ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux, sans distinguer entre les administrations, la Police ayant des millions d’heures non récupérées. Saigner la Police ainsi a été une faute majeure et impardonnable, le terrorisme et les manifestations actuelles venant crever le plafond des emplois du temps. Les vies de famille souffrent de cette situation aberrante, les divorces augmentent, les burn outs également. La Police tourne en rond et à vide.

4) La hiérarchie est nettement moins proche des agents pour deux raisons; la diminution drastique des commissaires et des officiers pour économiser des salaires ; on demande alors à des ‘ACMA’ de faire fonction d’officier…Face aux élus et aux magistrats, ce n’est pas si facile…

Les policiers ayant vécu l’ancien système reconnaissent que cela ne fonctionne pas de la même manière. Les officiers restants sont plongés, pour la plupart, dans la paperasse, les courbes de couleurs variées, les fromages en papier découpés…

5) Le portable ou le smartphone, est le prolongement du bras et de l’oreille, et finalement du cerveau mais en en baissant les capacités, est aussi un changement pas génial.

Au lieu d’échanger avec ses collègues, le policier tente de s’échapper de la grisaille du job en regardant à l’extérieur via son portable. Mais on ne peut pas être à la fois dedans et en dehors sans se couper en deux…Là aussi, la modification des comportements est peu pensable .Et ce n’est pas cet appareil qui va aider un fonctionnaire blessé dans son esprit, alors qu’échanger avec ses camarades de misère peut utilement l’aider. Si le camarade de travail fait pareil, aucune conversation n’est possible entre eux !

6) Avouer être en difficulté personnelle, c’est reconnaître être un maillon faible, donc à rejeter du groupe. Conclusion, le collègue se dit qu’avec le temps, cela va passer. Cela peut être le cas. Malheureusement, c’est rarement possible : l’équilibre psychique est comme un ressort : plus on tire dessus, moins il reviendra comme avant.

Au contraire, l’état dépressif empire. On tire son chapeau aux collègues qui ont la sagesse et le courage d’appeler ouvertement au secours. Ils le font rarement avec les structures administratives prévues à cet effet. Pourquoi ? Parce que dire avoir des idées noires fait retirer le port de l’arme illico presto et il devient IVP !…

CONCLUSIONS : Il faut refuser catégoriquement RESIGNATION, DEMISSION, DEPRESSION, MAL ETRE, SUICIDE…

Facile à dire, direz-vous, mais faisable et toujours mieux que de ne rien faire. Ce qui n’est pas tenté est voué à l’échec.

Des Etats Généraux de la Police seraient bien utiles pour tout mettre sur la table, depuis le travail de base jusqu’aux soucis personnels et de famille du policier.

Qui osera s’y atteler ?

Voir la photo c’est ici                                        Pour le Bureau 54 et 88.

 

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