Recrudescence inquiétante des suicides de policiers

L’année 2018 s’était soldée par le suicide de 35 policiers et 33 gendarmes, selon les chiffres du gouvernement.
Malheureusement l’année 2019 commence mal et 28 fonctionnaires de police se sont déjà donné la mort, ce qui donne une moyenne de 1 policier tous les quatre jours. Cette semaine, c’est  un collègue de 41 ans,  qui habitait prés de NANCY et travaillait  dans un centre administratif   à  METZ.  Dernières victimes de cette macabre série le 18/04/2019 : Une capitaine de  police,  en poste à MONTPELLIER, et un agent de  VILLEJUIF ont mis fin à leurs jours dans leurs locaux respectifs.

Les causes sont multifactorielles,  mais toujours directement ou indirectement liées à l’exercice de la profession. La vie professionnelle et privée de nos collègues  étant toujours liée étroitement. Comme on dit souvent : Quand ça ne va pas bien au boulot,  cela ne va  pas mieux à la maison.
Rappelez-vous, au début de notre entrée dans la profession,  on ramenait  les soucis à la maison, pour en discuter avec nos proches.  Avec le temps,  on les entasse dans notre subconscient.

Autre facteur qui n’arrange pas les choses,  c’est la mobilisation importante des forces de l’ordre depuis plusieurs semaines,  suite notamment au mouvement des gilets jaunes et autres conflits sociaux.

La fatigue, le stress entraînés par la surcharge de travail,  le manque de considération et  la souffrance causée par la confrontation permanente avec la misère sociale perturbent gravement la vie sociale du policier. Il y a aussi l’impossibilité pour eux, de pouvoir prendre des repos récupérateurs.   La répétition d’événements graves et violents,  lors des dernières manifestations,   a contribué  à   menacer en permanence,   leur intégrité physique et morale.   Cela crée et accentue le malaise présent  dans la profession.

Le comble pour eux, c’est se sentir en permanence   » SURVEILLES   » lors de leurs missions,  non seulement par l’administration,  mais aussi  par les médias et les particuliers qui avec leur téléphone portable filment  leurs faits et gestes,  traquant  le moindre faux pas en liaison étroite  avec les réseaux sociaux.

La réponse du Ministre de l’intérieur Christophe CASTANER qui a déclaré que les suicides dans la police n’étaient pas une fatalité est  :  » la création d’une cellule alerte prévention suicide « 

Si la présence de psychologues dans notre institution a permis d’améliorer les choses, il y a toujours une crainte pour le policier de se confier complétement à un auxiliaire de santé qui est souvent  considéré encore par certains,   comme une courroie de transmission avec l’administration. Le rapport avec la hiérarchie est  complexe. Il est toujours aussi difficile de se confier et d’avouer un état  de faiblesse, par peur d’être aussitôt désarmé et mis d’office en arrêt de travail.

L’impossibilité de faire du sport en raison du manque d’effectifs, la suppression des  »  espaces de convivialité  » et la  limitation de leurs plages d’ouverture au strict minimum,  ne permet plus au fonctionnaire de se rendre quelques minutes dans  » un sas de décompression  » pour se détendre.

Le manque d’investissement dans le milieu associatif par manque de temps ou par choix n’arrange pas les choses,  contrairement à notre génération, regardez le nombre d’actifs dans les associations liés à la police.

Le constat est alarmant et les solutions toujours difficiles à trouver.

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